Raiders

avril 24th, 2014

A mi-chemin entre « Wall Street » et « Working girl », « Raiders «est une peinture impressionniste du monde de la Bourse. C’est à Londres que Daniel Pascoe, golden boy, exerce ses talents. Riche et notoirement connu, il jongle avec des millions de dollars pour le compte de la Whitney Bank. L’arrivée d’une ravissante blonde (Rebecca de Mornay) dans son service va susciter craintes et jalousies diverses. La belle est pistonnée et vient de bénéficier d’une promotion canapé en règle. Entre elle et Daniel s’engage une course contre le temps et l’argent : il ne peut y avoir qu’un gagnant. Le film est simple et met en scène un duo bien réglé. Si Colin Bucksey ne semble pas très convaincu par le monde qu’il dépeint, c’est pour mieux dénoncer les rouages et les excès. Dans les sphères de la haute finance qui lui servent de décor, le réalisateur installe une intrigue basée sur la volonté de réussir, en opposition aux liens amour-haine qui unissent ses personnages principaux. L’en– semble, bien que sans surprises, reste captivant.

Un monde sans pitié

Un monde sans pitiéHippo (Hippolyte ?) représente l’exemple parfait du rebelle pacifique complètement hermétique à la vie extérieure. Plutôt que sans pitié, son monde est à part et se limite à une existence au jour le jour. Il ne travaille pas, mais gagne de l’argent en jouant au poker, vit aux crochets de son jeune frère qui deale entre les heures de classe et s’éclate le soir avec son vieux pote Halpern. Mais sa vie, somme toute monotone et sans ambition, va se heurter à un écueil de taille en la personne de Nathalie, une jeune étudiante qu’il croise dans une soirée. La jeune fille est tout le contraire d’Hippo. BCBG, c’est une élève brillante qui aspire à un futur sans tâche. Une fois encore, les contraires s’attirent. Une situation nouvelle qui propulse Hippo dans un univers de lois et de responsabilités. Eric Rochant, avec ce premier long métrage, réussit à renouveler complètement le thème du mal de vivre et de la rébellion chez les jeunes. Plein de charme et de subtilité, « Un monde sans pitié » nous entraîne dans un contexte dramatique, sans jamais sombrer dans le mélodrame, grâce à des notes constantes d’humour et d’optimisme.

Le sapin a les boules

avril 12th, 2014

Le titre français peut surprendre, mais lorsqu’on voit le film, on se dit qu’il est bien trouvé. Car ce « Sapin a les boules », dont le titre original américain est « National Lampoon’s Christmas vacation », appartient à la longue série de films satiriques se situant sous la bannière protectrice mais insolente du magazine National Lampoon. Après « Animal house », de John Landis, ou encore « Bonjour les vacances », d’Harold Ramis, ce » Sapin a les boules » nous donne envie de surveiller de très près cette série.

Le sapin a les boules Car les fêtes de Noël, la famille, les cadeaux, les traditions, tout le marchandising fait autour des fêtes sont passés à la moulinette avec une cruauté des plus réjouissantes. Jeremiah Chechik est sans pitié pour la famille américaine. Jeunes, adultes et troisième âge compris. Même les voisins, même le patron d’entreprise, même les flics, même le chien et le chat en prennent pour leur grade. Ouah ouh ! Ça dynamite sec. Il faut voir cette joyeuse famille et son sapin, ce père s’énervant sur ses illuminations, ces papis et mamies particulièrement râleurs, ce beauf et sa famille de p’tits monstres dans sa roulotte. On rit jaune. Et, par moments, comme des bouffées de parfum, la tendresse surgit. Le message est clair : on se moque, on n’est pas dupe des traditions, mais on les aime bien tout de même. « Le sapin a les boules «est à commander d’urgence au père Noël.

Sexe, Mensonges et vidéo

Sexe, Mensonges et vidéoC’est la Palme d’or du Festival de Cannes 1989. Et le premier film d’un jeune cinéaste au talent prometteur. L’histoire est simple. Un jeune homme se dit impuissant et se livre à un étrange fantasme : filmer les confessions sexuelles des jeunes femmes qu’il rencontre. Ce jeune homme débarque chez un couple d’amis qu’il n’a pas vu depuis longtemps. Comédie dramatique intimiste, « Sexe, mensonges et vidéo » est le portrait d’une société contemporaine qui s’est créé le besoin d’un mur d’images pour communiquer et sortir de ses frustrations. Le film se double aussi d’une réflexion sur le cinéma et sa fonction psychologique. Soderberg donne à ses séquences de confessions devant la caméra une sensualité, une impudeur et une émotion tout à fait étonnantes. Le film doit beaucoup à ses jeunes comédiens, James Spader (qui obtint le Prix d’interprétation pour ce rôle) et Andy McDowell en tête. Une œuvre d’une formidable maîtrise et d’une fascinante originalité.