Prince des ténèbres

octobre 16th, 2014

Monsieur boude obstinément la presse depuis cinq ans. Monsieur prend même des airs de Castafiore chafouine à la seule vue des photographes prétendument indiscrets. Comment s’étonner, après cela, de la pénurie d’informations à son propos, sans parler des maigres renseignements dont on dispose déjà et qui se retrouvent cuisinés à toutes les sauces dans les articles le concernant. Alors, on en est réduit à traquer la cousine de la belle-sœur de son éclairagiste, quand ce n’est pas l’ex-fiancée de son précédent ingénieur du son. Les plus veinards auront droit à un package-deal comprenant trois poignées de main et deux paroles échangées avec ses managers, les redoutables Cavallo, Ruffalo et Fargnoli. Mais pour le reste, c’est-à-dire l’essentiel, il est plus indiqué de se reporter à la légende sur-mesure que s’est confectionnée le petit (1,55 m) Prince.Prince des ténèbres Une légende que son premier imprésario a d’ailleurs essayé de truquer en «faisant» naître le prodige en 1960 alors qu’il a vu le jour le 7 juin 1958. Pour en revenir au little Genius, notons que son enfance est fortement dominée par une tangente variable du style papa-maman-le-second-mari-de-maman-et-moi. On sent même ce dernier personnage mâtiné d’un côté très «Cosette goes to Hollywood» ou plutôt to Minneapolis, la ville natale de notre héros. Celui-ci grandit donc dans la capitale du Minnesota, une contrée où il est conseillé d’être blanc, protestant et d’extraction bourgeoise plutôt que noir et fils de pianiste. Comme si ces handicaps ne suffisaient pas, notre Purple nain est marqué par la séparation de ses parents qui a lieu alors qu’il est âgé de sept ans. Trois ans plus tard, il choisit de vivre (brièvement) avec John L. Nelson, son pianiste de père qui se produit, à cinquante ans, dans des boîtes de strip-tease vaguement ringardes. Quelques esprits à la déduction hasardeuse vont jusqu’à affirmer aujourd’hui que ces réguliers séjours dans les «strip joints» sont à l’origine des idées libidineuses qui hantent régulièrement Prince. Puisqu’on évoque le chapitre des obsessions en tous genres, citons aussi la religion dont se dit féru le petit monsieur. Il pousse même la dévotion jusqu’à dédier, plus tard, six de ses albums à… Dieu, ni plus ni moins. Voilà, en tout cas, de quoi nourrir la légende, même si la logique ne trouve pas toujours son compte, tiraillée entre le démon du bas-ventre et l’appel du Tout-Puissant. Revenons plutôt au Prince des années soixante-dix qui, d’errances en déménagements, finit par atterrir chez une certaine Bernadette Anderson dont il se lie d’amitié avec le fils, André. Les deux adolescents, fous de musique, fondent à quinze ans une formation intitulée Grand Central qu’ils élargissent et rebaptisent Champagne. La cave d’André se révèle des plus fonctionnelles puisqu’elle leur sert alors de salle de répétition et «d’orgies room» où les deux lascars se partagent les faveurs de diverses admiratrices en mal d’émotions fortes. Côté zizique, cela ne va pas trop mal non plus puisque Prince est ensuite pris en charge par Owen Husney qui devient son premier manager et lui fait enregistrer les maquettes de ses meilleures compositions. Le tout est proposé à la firme de disques Warner avec, en prime, un rajeunissement de notre héros de trois misérables années, histoire d’accentuer la précocité de ses énormes possibilités musicales. Conquise d’emblée, la Warner lui offre ce que l’on présente comme le plus lucratif des contrats jamais proposés à un chanteur inconnu (plus d’un million de dollars, affirme Husney). Détail encore plus important, la Warner laisse à Prince une entière liberté artistique, lui donnant ainsi l’occasion de produire l’enregistrement tout seul, comme un grand. Le 33 t. «For you» sort en 1977 avec une chanson-phare «Soft and wet», remportant un succès d’estime sinon populaire. Ses albums suivants («Prince», «Dirtymind» et «Controversy», tous trois disques d’or) préparent le terrain à «1999», un double album vendu à trois millions d’exemplaires et qui l’impose définitivement auprès du public américain au tout début de 1983. Les tubes qui en sont extraits (comme «Little red corvette») font l’objet de vidéo-clips que l’on voit même sur MTV, dans un premier temps réticente à l’égard des chanteurs noirs. En concert, sa majesté se fait encore davantage remarquer en arborant des tenues de scène on ne peut plus… personnelles. Cela va du mini-slip en peau de panthère porté sous un imperméable avec les cuissardes assorties aux chemises à jabots et pantalons moulants. Curieusement, l’Europe se montre quelque peu réticente à l’égard du phénomène en l’accueillant, dans un premier temps, avec plus de respect que de chaleur. Certains initiés se souviennent ainsi de son unique passage live à Paris, sur la scène du Palace en 1979 devant un public des plus hétéroclites. L’album (puis le film) «Purplerain», parus en 1984, se chargent de modifier toutes les données, aussi bien aux États-Unis que dans le reste du monde. Convaincu de la nécessité de faire autre chose que des disques à succès, Prince réussit à convaincreCavallo, Ruffalo et Fargnoli, ses nouveaux managers, de se tourner cette fois vers le cinéma. Mais les majors studios Hollywoodiens auxquels nos lascars soumettent leur proposition ne sont pas d’accord. Ils ne donnent pas cher d’un projet de film tourné à Minneapolis et joué par un chanteur noir même pas star et interprétant plus ou moins son propre personnage. Qu’à cela ne tienne, les managers décident alors de casser leur tirelire pour produire le film. Ils se mettent d’abord à la recherche d’un scénariste qui veuille bien leur concocter une solide petite intrigue. Leur choix tombe sur William Blinn, un auteur de cinquante ans à la réputation solidement établie, qui tient à rencontrer Prince afin de mettre au point le script. Au cours d’une de leurs réunions dans la maison de couleur pourpre de l’artiste, Blinn se rend compte qu’une grande partie de l’histoire qu’essaye de lui formuler Prince concerne, en fait, le père de celui-ci, John L. Nelson. «Il s’est mis au piano et m’a joué un morceau composé par son père, raconte Blinn. Rien qu’en le voyant s’exécuter et en l’entendant parler de Nelson, on devinait immédiatement que le personnage du père est très révélateur de ce qu’est Prince et de ce qu’il exprime. C’était tout à fait comme s’il essayait de résoudre ainsi son propre mystère, comme s’il avait économisé l’argent qu’il aurait dépensé chez un psychiatre pour l’investir dans le film». Un premier scénario, «Dreams», est alors écrit par Blinn qui y inclut plusieurs détails de la propre vie de Prince. Ce dernier en profite pour exiger que figure le mot «pourpre» dans le titre du film. «Cette requête m’a d’abord étonné, se souvient Blinn. Mais le fait est qu’il s’identifie vraiment au pourpre. Il y a tout un côté noir, ardent et ténébreux inhérent à cette couleur et à ce qu’il fait. Avec, en plus, un aspect majestueux qui s’y attache également». De son côté, Al Magnoli, un jeune réalisateur débutant de trente ans, se voit confier la mise en scène du film. Pas très emballé au départ, il accepte de se rendre à Minneapolis et de vivre pendant un mois en compagnie de Prince et de son entourage. Le metteur en scène fait ainsi la connaissance des membres de l’orchestre de Prince. Au bout de quelques jours, Al Magnoli décide de réécrire entièrement le script original en s’inspirant de son séjour à Minneapolis. Le résultat est «Purplerain», un film d’un budget de sept millions de dollars et tourné sur place en sept semaines. Contrairement à certains pronostics pessimistes, le film (sorti en juin aux États-Unis) est un énorme succès au Box-office, se classant même comme le film musical ayant réalisé le plus grand nombre d’entrées dans l’histoire du cinéma américain. Du statut de vedette, Prince se retrouve promu à celui d’hyper star incontestée dans son pays, accumulant par la même occasion disques d’or et de platine. La presse ne trouve alors qu’un seul rival à lui opposer : Michael Jackson, le Peter Pan aux hormones. Une comparaison que, mine de rien, Prince ne cesse de raviver, tout en prenant soin de bien se démarquer de son concurrent. Quoi qu’il en soit, une chose est sûre aujourd’hui : entre ces deux-là, le match ne pourra jamais être nul. Simple question de standing…

Championnat du monde de bateaux off-shore

octobre 5th, 2014

Plus connus sous le nom de hors-bord, les bateaux qui font l’objet de ce film disputent chaque année la finale du Championnat du monde à Key West, ville très touristique de la Floride. Développant souvent plus de 1.500 chevaux, ces Formules 1 des mers peuvent atteindre des vitesses de l’ordre de 200 km/h.Championnat du monde de bateaux off-shore La lutte que se livrent les catamarans et les bateaux à coque unique pendant toute la saison et lors de cette finale à Key West est acharnée. Tout cela donne des images magnifiques que l’on apprécie beaucoup même si les commentaires sont un peu trop spécialisés pour un sport que les Français connaissent peu.

100 ans de rugby en France

Déjà édité il y a plus d’un an, cette vidéocassette n’a pas bénéficié d’un écho suffisamment important et d’une distribution efficace. C’est pour cette raison que nous n’hésitons pas à vous en vanter aujourd’hui tous les mérites. D’une grande richesse, ce film nous raconte la fabuleuse histoire du rugby en France, des balbutiements d’il y a un siècle au fantastique engouement de ces quinze dernières années. On retrouve avec plaisir toutes les grandes équipes et les grands champions qui ont marqué aussi bien le Championnat de France que le Tournoi des cinq nations. Un document que doivent posséder tous les vidéo-rugbymen.

Jean-Pierre rives, la vie comme elle vientJean-Pierre rives, la vie comme elle vient

Suite logique de «Cent ans de rugby en France», ce film nous fait pénétrer cette fois plus profondément dans l’ère moderne, à travers la longue et passionnante carrière de Jean-Pierre Rives. Il y livre, avec beaucoup d’émotion parfois, ses confidences, ses grands bonheurs, tandis que défilent des images de l’épopée du rugby de ces vingt dernières années. Des vedettes du rugby, du sport en général, des artistes comme Patrick Sébastien, des écrivains et d’autres personnalités célèbres ont apporté leurs témoignages dans cette œuvre de grande qualité. Première star d’un sport trop longtemps boudé par le média télévisuel, Jean-Pierre Rives méritait bien cet hommage en images…