The Rolling Stones: great video hits

décembre 30th, 2014

Ce cocktail de clips Rolling Stones est présenté de façon amusante : une visite guidée au musée des «pierres qui roulent» dont le guide est Bill Wyman. Une fantaisie imaginée et filmée par Julien Temple. Sous la conduite du guide, on Pénètre dans le monde des souvenirs, vieilles bandes d’archives faites de bouts de concerts, d’interviews, d’anecdotes qui font revivre vingt ans d’une saga qui embrasa le monde et fit des Rolling Stones les héros types du rock n’roll. Certes ces héros ont vieilli, se sont assagis dans la vie et sur la scène, mais leurs clips conservent le goût de la provocation, cette rencontre du sexe, de la drogue et du rock qui reste pour beaucoup un idéal de vie et la meilleure définition d’une démarche musicale. Douze clips sont restitués dans leur intégralité, certains anciens filmés en studio ou encore sur scène, plus tous les récents qui connurent la censure, notamment en Angleterre parce que considérés comme trop hot («Undercover for the night», «Shewas hot»).The Rolling Stones Dans ce musée imaginaire, le vieux guide Bill Wyman libère les personnages, les images, prisonniers du passé et redonne à l’étourdissante aventure des Stones une seconde jeunesse de l’époque Brian Jones en passant par celle de Mick Taylor jusqu’aux visages déglingués des années 80. On a un certain plaisir à redécouvrir les hymnes violents comme «Brown sugar» ou la douce romance «Angie» et on plonge dans le présent où le rock flirte avec le disco («Miss You»), le funk, ou parfois encore vivace, celui mâtiné de blues qui est la marque de fabrique du plus grand groupe de l’histoire du rock. Mais comme dans les films d’horreur ou fantastiques, tout cela n’était qu’un rêve : Bill Wyman s’était assoupi dans sa loge avant d’entrer sur scène où le groupe s’apprête à affronter 90 000 personnes entassées dans un stade. L’aventure continue. La lourde porte des souvenirs s’est refermée. Le film pèse son poids de décibels d’or en nous restituant les images d’une mémoire qui est celle d’une génération. Et dans ce musée imaginaire où rockers, babas, punks restent figés dans leur vitrine, seul Mick Jagger parvient à briser la glace du temps. Un symbole.

Ziggy stardust and the spiders from mars

décembre 5th, 2014

Ziggy StardustC’est avec ce personnage de Ziggy Stardust que David Bowie, dans le début des années 70, connut la gloire. Cette créature androgyne aux cheveux rouges, au costume lamé, perchée sur des hauts talons, Bowie nous en avait raconté, en chansons, les aventures et la légende, mélange de science-fiction et de provocation. Ce personnage devenu pesant par la suite, Bowie en décidera la mort officiellement devant les caméras. Une façon comme une autre de tourner une page de son histoire. Et ce fut Pennebaker, un des maîtres du cinéma, qui fut choisi pour venir filmer l’intégralité d’un concert au cours duquel toutes les chansons, mais aussi la mythologie du personnage fétiche, seraient convoquées. Grâce à la caméra-œil de Pennebaker, nous assistons à la magnifique autopsie d’une transformation. Celle d’une jeune Anglaise au regard étrange qui, dans les coulisses devant sa table de maquillage, devient une créature de fantasmes. La caméra s’attarde longuement sur ce rituel de la métamorphose, captant avec une insolente pertinence la personnalité de cet acteur sûr de lui, de sa force, de son pouvoir. Ziggy se livre à la foule en extase, au milieu d’un tourbillon de guitares métalliques, violentes. Ce n’est plus un simple concert, mais un show dans lequel un acteur de talent joue un rôle, habite la marionnette qu’il a imaginée loin du spectacle télévisé, et au travers de dix-huit chansons qui sont des classiques. Son incontestable présence physique jaillit à tous les instants. Et déjà tout était présent, le charme ambigu, la séduction, le corps léger et qui bouge différemment, le sens aigu du spectacle, la faculté fantastique à capter l’air du temps et le magnétisme qui fait les grands. Malgré, ou peut-être à cause de ce retard de douze années, ce film est une œuvre passionnante, et indispensable pour tous.