Reflets de Cannes

avril 24th, 2015

Des chiffres ? En voulez-vous ? En voilà. 35 000 festivaliers dont 12 500 accrédités. 3 000 journalistes venus du monde entier. Plus de 120 pays représentés. 100 films dans diverses sections officielles : la Quinzaine des réalisateurs, Perspective du cinéma français, un Certain regard, films en et hors compétions, hommages, etc. Et puis 500 films pour le marché (sans doute le plus important du monde). Mais ce n’est pas tout, il y a aussi quelque 600 comédiens français et étrangers et près de 500 réalisateurs. C’est tout cela le’ Festival de Cannes : le plus extraordinaire rassemblement des gens de cinéma. Unique au monde. Et peut-être unique dans son genre. Un gigantisme qui finit par faire sentir son poids sur l’organisation comme sur l’accueil. ACannes, il y apour ces douze jours, deux sortes de festivaliers. D’une part, les stars. Elles n’occupent pas toute l’affiche. Il suffit le plus souvent d’être parmi l’élite ou de posséder un solide compte en banque pour avoir droit à l’escorte du policier, à la Garde républicaine sur les marches du Palais et au tapis rouge. Et, d’autre part, il y a les tâcherons des médias, les pisseurs de copie. Pour ces derniers, ilyalesséancesà8 h 30 du matin, la queue sous la pluie et le passage forcé devant les cerbères de service selon la couleur de la carte d’accréditation. Et pourtant, comme le dit un de nos confrères de FR3 côte d’Azur, «Sans les médias qui assurent la plus large couverture qu’un tel événement puisse connaître, le Festival de Cannes ne serait qu’un congrès».

Cannes2Et puis, enfin, il y a les autres, ceux qui naviguent entre ces deux eaux : des vendeurs et des acheteurs de droits de films, venus ici uniquement pour faire leur marché pour l’année à venir. Pour eux, le Festival de Cannes, ce n’est ni la Croisette, ni les cocktails. Du matin au soir, ils visionnent des films dans des salles de cinéma ou dans des hôtels. Ils négocient et parlent chiffres. Ce sont pour beaucoup des éditeurs vidéo qui traitent les achats pour leur catalogue. Chacun espère décrocher le meilleur film, ou établir des contacts pour l’acquisition des droits d’un film en tournage. Ce sont des gens qui agissent discrètement. Et qui pourtant constituent un apport important à l’industrie du cinéma. Voici pour la face cachée de Cannes. Celle qui parade au grand jour ou sous les sunlights des caméras de télévision, vous la connaissez un peu. Elle est à l’image de ce que les télévisions vous ont montré ces derniers jours. Et c’est vrai que la concentration de stars à Cannes est à la mesure de l’événement qui s’y passe. Voir Harrison Ford, Clint Eastwood, Ben Kingsley, Dirk Bogarde, Gérard Depardieu, Milos Forman, Sarah Miles, Jeanne Moreau, Jacqueline Bisset, Johnny Hallyday, Nathalie Baye, Jean-Luc Godard, Alan Parker, Philippe Noiret, Tony Curtis, Bibi Andersson, Claude Brasseur, Jean Poiret, etc. ce n’est pas rien. D’autant plus que ce 38ème Festival se voulait délibérément celui de la fête retrouvée, à grands renforts de bals, de grands dîners, de soi rées et de cocktails, dans des décors qu’on croirait sortis… d’un décor de cinéma. Même le «bunker»et ses 325 portes qui donnent sur l’extérieur est devenu plus «habitable». Les moyens qu’il offre pour l’accueil des festivaliers et ceux mis à la disposition de la presse sont inestimables. Il ne reste qu’à souhaiter que le prochainfestival lui-même se débarrasse de ses attributs kafkaïens et garde tout l’attrait de la magie du cinéma pour vivre encore. Et nous avec.

Rock and rule

avril 7th, 2015

Rock and ruleQuand au tout début d’un film, les éclairs, tonnerre et autres orages se déchaînent déjà, on sent bien que l’histoire qui s’ensuit ne s’annonce pas des plus paisibles. Dans «Rock an rule», ces bruyantes entrées en matière nous conduisent jusqu’au château de Mok, une superstar du microsillon, qui cherche à s’approprier l’arme absolue du mal par le biais de manipulations électroniques. Pour cela, il a besoin d’une voix particulière, celle d’une chanteuse de rock débutante… Abracadabrante, cette histoire ? Sans doute, mais il s’agit-là d’un dessin animé pour adultes et adolescents, ce qui fait passer quelques incohérences et autres petits trous dans le scénario. Les points forts de cette fable rock ne manquent pas. Rock oblige, signalons d’abord que la bande originale est composée de chansons spécialement conçues pour le film et interprétées par Lou Reed, Earth Wind and Fire, Iggy Pop, Cheap Trick et Debbie Harry (ex-Blondie). Ces morceaux on ne peut plus solides sont mis en valeur par de très surprenants effets spéciaux concoctés dans le studio d’animation canadien Nelvana. Le résultat vaut le détour et mérite largement qu’on y consacre une petite heure de son temps. Soulignons que cette cassette est à déconseiller aux adolescents de moins de 15 ans.

Looney tunes n°12

Looney tunesLooney Tunes rassemble les plus célèbres stars de la Warner telles que Bugs Bunny, DaffyDuck ou Titi et Grominet dans divers dessins animés. Notre fabuleux lapin gris en compagnie de son inséparable ami Daffy atterrissent en Alaska où ils- doivent se débarrasser de l’abominable homme des neiges. A son tour notre cher canard doit en faire de même avec Speedy Gonzales, la souris mexicaine la plus rapide du monde. Nous retrouvons également le célèbre cochon Holmer, tantôt dans son poulailler, tantôt dans son appartement en Amérique où il tente désespérément de chasser un chien trop «collant» selon lui. Les gags défilent, mais il faut bien avouer qu’on les connaît tous par cœur, comme le bâton de dynamite qui n’explose jamais au bon endroit (ou sur la bonne personne i). Dommage qu’il n’y ait pas plus d’inventions, car les dessins comptent toujours une pointe d’humour, vite ternie par la faiblesse des dialogues, où Holmer, d’ailleurs, bégaye plus que jamais (au point de rendre son discours incompréhensible). Cette cassette se révèle vite un peu décevante malgré le plaisir de retrouver tous ces personnages, qui, décidément, nous avaient habitués à mieux.

L’ordinateur en folie

mars 18th, 2015

L'ordinateur en folieLes élèves d’un collège américain tentent de décider leur proviseur à acquérir un ordinateur pour leur collège. Après maintes pérégrinations, ils finissent par en obtenir un, don d’un personnage quelque peu douteux qui trafique dans des salles de jeux clandestines. Un jour, en effectuant une réparation sur l’ordinateur, un jeune étudiant, Dexter Rilly, reçoit une décharge électrique qui lui transmet toutes les informations et les formidables capacités de celui-ci. Dexter Rilly qui n’était pas, loin s’es faut, un des derniers du collège, se trouve du jour au lendemain doté de pouvoirs extraordinaires… C’est le divertissement par excellence, comme seuls les Américains en général et Walt Disney en particulier savent le concocter. Un dosage subtil de petites émotions, d’action et d’humour, sans oublier, bien sûr, la petite leçon de morale, ingrédient indispensable dans ce genre d’aventures. Dexter Rilly -c’est Kurt Russel, qui depuis a fait du chemin (voir «Elvis Presley» de Carpenter) et qui interprète là un de ses tout premiers rôles – est le teenager type de toutes les comédies américaines, confronté à la fois à son pouvoir et à tous ceux qui veulent l’utiliser à des fins pas très avouables. Dexter ne trouve son salut qu’avec l’aide de ses camarades de classe. Bel exemple de solidarité, teinté d’un humanisme tout américain. Mais tout cela est dit sur un ton plutôt badin. L’ordinateur en folie est avant tout une bonne comédie bien mise en scène et fort bien interprétée. Évidemment, pour tous les publics sans distinction d’âge.

La dernière baie schtroumpfante. Les schtroumpfs et l’élixir miraculeux

mars 6th, 2015

Les Schtroumpfs se suivent et se ressemblent. Et ce n’est pas plus mal. Les petits bonshommes bleus sont de gentils envahisseurs, défiant toutes les frontières connues dans le monde. Et même s’ils n’éternuent pas toujours dans la même langue, «schtroumpf étant quasi exclusivement francophone», ils n’en comptent pas moins autant d’amis. Les voici donc, dans ces deux vidéocassettes d’une heure trente chacune, dans quelques-unes de leurs innombrables aventures :

1. Le Schtroumpf costaud a du cœur, l’apprenti voleur, la ferme de l’oubli, un cadeau pour le grand Schtroumpf, un peu de volonté, la malchance du Schtroumpf maladroit. 2. Le puant, les Schtroumpfs pompiers, le millénaire des druides, le gruau du Schtroumpf, le langage des mains. Un régal, comme on le voit pour tous les fans-Schtroumpfs qui ne manqueront pas ici et là de retrouver les délicieux démêlés de leurs amis avec l’infernal et néanmoins indispensable duo Gargamel-Azraêl. Quant au reste c’est égal, les couleurs sont un ravissement et l’animation, un modèle du genre. Il n’en faut pas plus pour faire des petits chefs-d’œuvre.

Lone Ranger

The Lone Ranger (Clayton Moore) and Tonto (Jay Silverheels)Lone Ranger est un justicier masqué qui défend la veuve et l’orphelin, un Zorro bis en quelque sorte. Il sillonne les contrées du Far West avec son fidèle compagnon indien, portant secours aux victimes des bandits de grands chemins. Diligences attaquées, trains pillés, l’Homme masqué (c’est ainsi qu’on le surnomme) et son ami arrivent toujours à temps pour rattraper les coupables. C’est ainsi qu’ils arrêtent deux truands recherchés dans toute la région, après maintes péripéties au cours desquelles les hors-la-loi tenteront de s’emparer d’une mine d’argent, propriété de Lone Ranger. Les moindres détails sont remarquablement dessinés et les dialogues font preuve d’invention (ce qui est relativement rare dans un dessin animé). Même l’humour est au rendez-vous dans ces histoires originales et variées, où notre justicier se tire à merveille de toutes les situations. Un bon film, qui a de quoi satisfaire les plus exigeants…

Ping pong avec Pierre Richard

février 26th, 2015

Pierre RichardD’abord, est-ce que je parle bien à Pierre Richard ou à son jumeau ?

Je ne sais plus très bien qui est qui. Même si le film s’est achevé il y a longtemps, j’ai mis un certain temps à me retrouver.

Pourvoir «Le jumeau», a-t-on besoin d’une paire de jumelles ?

Non, mais il faut deux tickets. Ça double le nombre d’entrées.

Imaginons que vous soyez du prochain vol de la navette, vous partez avec les jumelles Camilla et Carey More ou Andréa Ferréol ?

Si vous mettez Jessica Lange avec Andréa Ferréol, je réfléchirai avant de prendre ma décision.

Avec quel metteur en scène vous êtes-vous déjà dit «On aura tout vu»?

Lautner. D’abord parce que c’est avec lui que j’ai fait ce film et parce qu’ensuite j’ai vu des choses que je n’avais pas l’habitude devoir, comme des gros plans de sexe masculin par exemple.

Quel est l’homme politique qui vous fait monter la moutarde au nez ?

C’est difficile de répondre. C’est comme quand j’entre dan un magasin où il y a quinze pantalons qui me tentent. Ils me font tous, tôt ou tard, monter la moutarde au nez parce qu’ils sont «faux-derch». C’est la base de leur carrière.

Quel serait le meilleur Président de la République, Yves Montand ou Bernard Tapie ?

Plutôt Tapie. Tapie est sur un chemin montant alors que Montand est plutôt au tapis.

Êtes-vous pour le vote des immigrés ?

Pourquoi pas. On est tous plus ou moins des immigrés.

Préférez-vous porter un badge «touche pas à mon pote» ou acheter un disque pour l’Éthiopie ?

J’ai du mal à faire de bonnes actions parce qu’on m’offre tout. On m’a offert le disque et le badge.

Auriez-vous préféré naître blond avec une chaussure noire ou Noah avec une chaussure blanche ?

Ça ne m’aurait pas déplu d’être Noah, mais la carrière des joueurs de tennis est plus courte que celle des acteurs. A 30 ans, ils ont à peu près terminé tandis que moi j’ai débuté à 40 ans.

Savez-vous ce que veut dire «bléca» ?

Oui, c’est le contraire de câblé.

Pratiquez-vous un sport ?

Oui, le tennis, le ski et la plongée sous-marine.

Jouez-vous au Loto sportif ?

Non, je n’ai rien compris. Même le Loto traditionnel, je n’y comprends rien

Possédez-vous un magnétoscope ?

J’en ai même plusieurs, mais ils sont disséminés dans différents lieux. J’en loue un peu partout, mais comme je déménage beaucoup, il n’y en a jamais dans l’endroit où je vis.

Que regardez-vous quand vous parvenez à en trouver un ?

J’ai une passion pour les vieux films français avec Michel Simon, Pierre Brasseur, Arletty, etc.

Que piratez-vous ?

Je ne suis pas assez malin pour ça. Mon concierge a ses films en vidéo avant qu’ils ne sortent en salle, alors…

Est-ce que vous payez votre redevance ?

Non, si on ne vient pas me la demander, je ne paye pas. Je ne devrais pas dire ça parce qu’il va y avoir des représailles.

Suivez-vous l’arrivée des télévisions privées, du câble et du satellite ?

En tant que professionnel du cinéma, je me dois d’en tenir compte. Toscan du Plantier, qui parfois m’agace, mais qui dit des choses particulièrement intelligentes et visionnaires, a déclaré un jour :«Letort du cinéma, c’est d’avoir lutté contre la télévision. Il aurait mieux fait de s’en faire un allié». Ça me parait très sensé.

Seriez-vous prêt à vous abonner à une chaîne de télévision qui s’appellerait Anal Plus ?

Oui, ça me ferait même louer un autre magnétoscope.

Si on vous proposait de faire une émission de télévision pour concurrencer Bouvard, comment réagiriez-vous ?

Je n’accepterais pas. Faire une émission tous les jours, c’est usant. Je fais un film tous les un an et demi, ça me suffit. Je suis trop paresseux.

Y a-t-il justement une émission de télévision à propos de laquelle vous vous êtes dit «trop c’est trop» ?

Je ne suis pas un obsédé de la télévision.Il a fallu que j’apprenne l’accident de Chantal Nobel pour découvrir que le feuilleton «Châteauvallon» existait.

Quel métier vous passionne le plus, celui de producteur, de réalisateur ou d’acteur ?

Celui d’acteur. Les deux autres activités sont au service de l’acteur.

Le Festival de Cannes, c’est une grosse magouille ou une compétition honnête ?

C’est plutôt une série de petites magouilles. Attention, je n’ai absolument aucune preuve.

Pierre Richard2

Avec les femmes,êtes-vous du genre chien dans un jeu de quilles ?

C’est le contraire, je suis plutôt une quille.

Êtes-vous couche tôt ou couche tard, lève tôt ou lève tard ?

En ce moment, j’aurais tendances à me coucher tard et à me lever tôt. Ça réduit beaucoup mon temps de sommeil et j’en arrive à m’endormir même pendant un repas. Je peux m’endormir pendant que vous parlez, dépêchez-vous.

A 50 ans, êtes-vous aussi distrait qu’à 30 ans ?

Je le suis encore plus. Il y a quelque temps, j’ai dit à quelqu’un au téléphone : «Excusez-moi, il faut que je raccroche parce que je suis en ligne». Ça va loin…

Préférez-vous être «Un idiot à Paris» ou «Un naufragé sur l’île de la Tortue» ?

Comme je suis paresseux, je préférerais être un naufragé sur l’île de la Tortue. Et je ne ferais pas de feux de bois pour attirer les bateaux.

Pour les voitures, vous aimez plutôt les petites sportives ou la bonne vieille 2 chevaux ?

Je suis complètement maso, je n’ai que des voitures sportives et emmerdantes. J’avais une Porsche, mais on me l’a volée il y a quinze jours. J’en profite pour demander aux voleurs de me rendre les affaires qui étaient à l’intérieur. il y avait malheureusement un début de scénario et je ne possède pas de double.

Quels sont vos projets cinématographiques ?

Il y a «Au nom de la rose» de Jean-Jacques Annaud à la fin de l’année. Il y a aussi un film qu’écrivent Christian Clavier et Martin Lhamotte, que doit tourner Jean-Marie Poiré. J’espère enfin refaire un film avec Depardieu et Véber.

Pour conclure, dans les interviews, êtes-vous plutôt du style «je ne sais rien, mais je dirai tout» ou plutôt «Je sais tout, mais je ne dirai rien» ?

Je serais plutôt du genre «Je sais tout, mais je ne dirai rien». En général, il faut m’arracher les réponses. Aujourd’hui, on s’en est plutôt bien sortis…

Légèreté, maniabilité et stabilité

février 7th, 2015

VidéomovieLa partie sonore est constituée par un micro crayon unidirectionnel logé dans la partie avant à l’aide d’une vis baïonnette, pouvant éventuellement être remplacé par un autre micro. Il existe en plus une prise pour écouteur. La partie magnétoscope comporte à peu près tous les dispositifs d’un modèle de salon bas de gamme. Plus précisément, lecture, pause, avance et retour rapides, recherche accélérée (x 3) avant-arrière, compteur LCD et mémoire. Le plus surprenant dans l’essai d’un Vidéomovie, c’est le combiné poids-encombrement qui chahute tous les préjugés. Le faible poids confère une stabilité surprenante à la prise de vues, sans avoir l’entraînement d’un tireur d’élite. A la projection, les séquences prises par un novice ressemblent moins à un «en direct d’El-Asnam». La mise en marche est simple : on appuie sur l’interrupteur général, on met en marche le magnétoscope et c’est presque tout. La balance des blancs est mémorisable et se fait très rapidement. On saisit le caméscope à l’aide de la main droite qui se glisse dans une dragonne. Les doigts viennent en place près des touches de manipulation électrique du zoom. La main gauche peut atteindre quelques boutons de réglage et surtout servir à la mise au point en cas de zooming. Malgré sa bonne sensibilité (15 lux), la profondeur de champ sans éclairage d’appoint (pour un spectacle par exemple) est réduite à sa plus simple expression par le contrôle automatique du diaphragme non débrayable. Or, ce type de matériel dévolu principalement pour le reportage «à la volée» s’accommoderait bien, en option disons, d’une possibilité de privilégier la profondeur de champ. Rançon payée à la miniaturisation, le gabarit des touches déconseille fortement ce type d’appareil aux battoirs de boucher. En particulier l’interrupteur général, si précieux pour économiser les batteries entre deux scènes, est assez mal placé et aurait gagné à se trouver près des touches de commande de zoom. Dans l’absolu, l’autonomie, en longueur de bande, est un peu juste. Un quart d’heure de plus serait le bienvenu, bien qu’il soit possible de changer rapidement les accus et cassette (une minute le tout, avec un peu d’entraînement). Mais ceci est dû au standard VHS-C. Pour les avantages, en plus de ceux déjà cités plus haut, la maniabilité fait de cet appareil un instrument de reportage extérieur privilégié. A vous les matchs du petit ou les spectacles sur scène pris tout de go. La transcription sur une bande VHS normale de votre scope de salon est ridiculement facile. Optez pour le cordon «direct-direc» pour subir des pertes minimes au copiage. Le Vidéomovie se rembobine un court instant à la fin de chaque enregistrement pour s’enchaîner sans barre de bruit avec la séquence suivante. Le cordon antenne vous permet d’utiliser un moniteur externe simultanément. Les touches avance et retour et la recherche rapide vous aident à positionner la bande à l’endroit voulu, la touche pause est là aussi bien pratique. Le fonctionnement est assez silencieux, bien que le micro d’origine laisse passer quelques bruits issus du zoom électrique. La partie caméra peut être utilisée indépendamment du scope pour filmer et enregistrer sur un magnétoscope de salon. L’adaptateur secteur est alors bien utile. A l’usage, la familiarisation est rapide et l’ensemble suffisamment solide pour ne pas craindre les affres du reportage amateur. Seule précaution, la température de fonctionnement préconisée va de 0 à 40°. Mieux vaut donc se passer des prises de vues à la montagne par – 10°. La qualité des images est également satisfaisante pour ce genre d’appareils. En résumé, une réussite JVC dans le souci du détail avec un équipement complet. Les accessoires sont nombreux et viennent parfaire l’ensemble. Il est conseillé d’avoir plusieurs jeux de batteries. Enfin, la clientèle visée aura de quoi satisfaire la plupart de ses exigences moyennant un prix d’achat pas vraiment bon marché. Pour mille yens on n’a plus rien, voyez-vous !

Mini la movie

janvier 19th, 2015

Un vidéaste amateur était jusqu’à présent un athlète. Athlète par la condition physique requise pour lui et, parfois, pour son assistant pour endurer la charge pesante de l’équipement complet, digne d’un «Star wars», l’apesanteur en moins. JVC, l’inventeur du VHS, a eu la bonne idée de repenser le tout pour ne pas faire fuir les bonnes volontés. Résultat, le Vidéomovie GR-C1, un ensemble ultra-compact et ultraléger (1,9 kg sans batterie) qui concurrence à la fois le cinéma amateur Super 8 et les ensembles vidéo portables VHS traditionnels, mais à un petit détail près, son prix : 17 000 francs environ. Il reste que, le succès venant, c’est un équipement dont le prix devrait sensiblement baisser. Le Vidéomovie est un ensemble comprenant caméra vidéo et magnétoscope intégré. Ce dernier utilise les cassettes VHS-C d’une autonomie de 30 minutes. Ces petites cassettes contiennent une bande de largeur identique au VHS (demi-pouce) et l’enregistrement est le même, ce qui autorise la lecture des cassettes en direct sur un téléviseur ou à l’aide d’un magnétoscope de salon moyennant un adaptateur de cassette — C-P2U ou 3U —(carcasse de cassette normale) peu onéreux où se glisse la cassette compacte. L’alimentation du tout est confiée à un pack de batteries rechargeable (chargeur fourni) en 60 minutes. L’autonomie est suffisante pour l’enregistrement d’une cassette avec un usage modéré de la commande électrique du zoom. Le Vidéomovie est livré dans une valise de transport garnie de mousse dont le moulage s’adapte à la forme des équipements. L’ensemble contient le caméscope, un pack de batteries, le viseur électronique détachable, la crosse d’épaule, la poignée de transport qui se fixe sur le dessus, un convertisseur HF pour raccorder le caméscope à un téléviseur via l’antenne, un cordon de raccord vers un autre magnétoscope par signaux de vidéo directe. La partie caméra est dotée d’un tube Saticon d’un demi-pouce dont la sensibilité est de 15 lux. La partie optique est constituée d’un zoom léger (6 : 1 f11,2 + macro) à barillet en polycarbonate à commande manuelle et électrique. Le viseur électronique d’un demi-pouce muni d’une loupe contient les informations suivantes : ouverture, témoins de décharge, de fin de bande, etc. Enfin son œilleton peut tourner de 180 ° selon les besoins. Quelques boutons assurent les principaux réglages : sélection du type de lumière lors de la prise de vues (jour ou tungstène), contre-jour, haute et basse sensibilité, balance des blancs automatique.

Purple rain

janvier 7th, 2015

Purple rainPrenez un kid de Minneapolis qui fait de la musique et qui en bave pour réussir. Ajoutez-y ses parents qui se déchirent continuellement. Versez un soupçon d’amour (Apollonia, la pulpeuse fiancée), de jalousie professionnelle (Morris Day, le rival teigneux) et de tubes («When doves cry», «Lets go crazy» ou «I would die for you» parmi tant d’autres). Une fois bien mélangé, le cocktail peut être servi et baptisé «Purple rain», le film musical ayant réalisé le plus d’entrées dans l’histoire du cinéma américain. Oh, bien sûr, les recettes ont déjà servi ailleurs et le script n’est pas ce qui se fait de plus original en la matière. Mais ces réserves s’effacent devant un argument de choc Prince. Il est le héros de cette histoire, pratiquement la sienne ou, du moins, celle que l’on connaît à travers ses biographies officielles. D’où un intérêt suscité qui dépasse celui que l’on peut éprouver face à un « simple » bon film musical. La crédibilité de l’entreprise est sauvée par le fait que l’on assiste bien à un film parfaitement interprété par tous et non à un documentaire plus ou moins romancé et complaisant. La réalisation d’Albert Magnoli, qui signe ici son premier long métrage, est nerveuse avec de petites concessions à la mode du clip, concessions que l’on doit sans doute au passé de moteur d’Albert Magnoli.

PS : Ce film est en version originale sous-titrée. Une initiative heureuse à souligner.

Kool and the gang : tonight

Kool and the gangDepuis le moment où les membres de Kool and the Gang prennent possession de la scène jusqu’au feu d’artifice final, tout n’est que rythmes hauts en couleur et chorégraphies réglées au quart de tour. Le plaisir de l’œil se le dispute ainsi à celui de l’oreille, une association qui n’est pas toujours heureuse dans les cassettes de ce genre. Menés par James «JT» Taylor et Robert «Kool» Bell, les musiciens déploient avec une constante habilité leurs meilleures cartes de visite disco-funk, à savoir «Ladies night» et ses diaboliques solos de saxo, «Hollywood swinging», «Tonight», «You can do it», «Let’s go dancing» et le fameux «Celebration» de remuante mémoire. De plus, ce show est servi par les caméras de Jay Dubin (dont une Louma) qui ne ratent aucun détail des réjouissances scéniques en cours. Cela nous fait presque oublier les menues longueurs qui se situent au milieu du spectacle, lorsque Kool and the Gang s’attaque à des morceaux plus lents que les autres, tels que «Too hot» ou encore «I stood in the falling rain» qui cassent un peu le rythme.

Earth, wind and fireEarth, wind and fire in concert

Earth, Wind and Fire est une bien belle machine funk, soul, disco. Sans doute la plus performante de ces dernières années. Une équipe gagnante parce que complète dans tous ses rouages, avec instrumentistes brillants, capables de chanter chacun leur tour, une formidable section de cuivres, et un sens du spectacle qui passe par les costumes, les jeux de lumière et une chorégraphie étourdissante. Cette cassette vidéo d’une heure (en stéréo) restituant de larges extraits d’un concert, avec notamment la plupart des grands titres fétiches, est une bien belle invitation à la danse. Après le cérémonial d’ouverture avec fumée, créature au masque d’animal et surtout laser traçant et animant une chauve-souris sur le fond de la scène, la mécanique se met en branle pour quatorze succès de discothèque, sur lesquels les neuf membres du groupe, ainsi qu’une section de cuivres fiévreux bougent, tanguent, dans une chorégraphie qui atteint l’hystérie. Les costumes sont kitsch, avec une prédominance de l’argent et du doré, mais la virtuosité, cette faculté exceptionnelle à trouver la mélodie rythmée qui fait mouche, est stupéfiante.

The Rolling Stones: great video hits

décembre 30th, 2014

Ce cocktail de clips Rolling Stones est présenté de façon amusante : une visite guidée au musée des «pierres qui roulent» dont le guide est Bill Wyman. Une fantaisie imaginée et filmée par Julien Temple. Sous la conduite du guide, on Pénètre dans le monde des souvenirs, vieilles bandes d’archives faites de bouts de concerts, d’interviews, d’anecdotes qui font revivre vingt ans d’une saga qui embrasa le monde et fit des Rolling Stones les héros types du rock n’roll. Certes ces héros ont vieilli, se sont assagis dans la vie et sur la scène, mais leurs clips conservent le goût de la provocation, cette rencontre du sexe, de la drogue et du rock qui reste pour beaucoup un idéal de vie et la meilleure définition d’une démarche musicale. Douze clips sont restitués dans leur intégralité, certains anciens filmés en studio ou encore sur scène, plus tous les récents qui connurent la censure, notamment en Angleterre parce que considérés comme trop hot («Undercover for the night», «Shewas hot»).The Rolling Stones Dans ce musée imaginaire, le vieux guide Bill Wyman libère les personnages, les images, prisonniers du passé et redonne à l’étourdissante aventure des Stones une seconde jeunesse de l’époque Brian Jones en passant par celle de Mick Taylor jusqu’aux visages déglingués des années 80. On a un certain plaisir à redécouvrir les hymnes violents comme «Brown sugar» ou la douce romance «Angie» et on plonge dans le présent où le rock flirte avec le disco («Miss You»), le funk, ou parfois encore vivace, celui mâtiné de blues qui est la marque de fabrique du plus grand groupe de l’histoire du rock. Mais comme dans les films d’horreur ou fantastiques, tout cela n’était qu’un rêve : Bill Wyman s’était assoupi dans sa loge avant d’entrer sur scène où le groupe s’apprête à affronter 90 000 personnes entassées dans un stade. L’aventure continue. La lourde porte des souvenirs s’est refermée. Le film pèse son poids de décibels d’or en nous restituant les images d’une mémoire qui est celle d’une génération. Et dans ce musée imaginaire où rockers, babas, punks restent figés dans leur vitrine, seul Mick Jagger parvient à briser la glace du temps. Un symbole.

Ziggy stardust and the spiders from mars

décembre 5th, 2014

Ziggy StardustC’est avec ce personnage de Ziggy Stardust que David Bowie, dans le début des années 70, connut la gloire. Cette créature androgyne aux cheveux rouges, au costume lamé, perchée sur des hauts talons, Bowie nous en avait raconté, en chansons, les aventures et la légende, mélange de science-fiction et de provocation. Ce personnage devenu pesant par la suite, Bowie en décidera la mort officiellement devant les caméras. Une façon comme une autre de tourner une page de son histoire. Et ce fut Pennebaker, un des maîtres du cinéma, qui fut choisi pour venir filmer l’intégralité d’un concert au cours duquel toutes les chansons, mais aussi la mythologie du personnage fétiche, seraient convoquées. Grâce à la caméra-œil de Pennebaker, nous assistons à la magnifique autopsie d’une transformation. Celle d’une jeune Anglaise au regard étrange qui, dans les coulisses devant sa table de maquillage, devient une créature de fantasmes. La caméra s’attarde longuement sur ce rituel de la métamorphose, captant avec une insolente pertinence la personnalité de cet acteur sûr de lui, de sa force, de son pouvoir. Ziggy se livre à la foule en extase, au milieu d’un tourbillon de guitares métalliques, violentes. Ce n’est plus un simple concert, mais un show dans lequel un acteur de talent joue un rôle, habite la marionnette qu’il a imaginée loin du spectacle télévisé, et au travers de dix-huit chansons qui sont des classiques. Son incontestable présence physique jaillit à tous les instants. Et déjà tout était présent, le charme ambigu, la séduction, le corps léger et qui bouge différemment, le sens aigu du spectacle, la faculté fantastique à capter l’air du temps et le magnétisme qui fait les grands. Malgré, ou peut-être à cause de ce retard de douze années, ce film est une œuvre passionnante, et indispensable pour tous.

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