Bus d’acier 1985

novembre 17th, 2014

Le Bus d’acier, le grand prix du rock français, est une distinction désormais très convoitée. Trophée du Bus Palladium, la discothèque parisienne où se rencontrent depuis vingt ans ceux qui créent des sonorités à l’usage des fous de la danse, il est parrainé par le ministère de la Culture, eta réuni en 1985 un jury prestigieux, dont notre rédacteur en chef Laredj Karsala. C’est Etienne Daho qui a été l’heureux gagnant de ce Bus d’acier 1985. Souhaitons que ce prix lui ouvre une longue et fructueuse carrière.

GIGOLO * (Just a gigolo)

Just a gigoloUn jeune officier prussien se retrouve perdu dans un Berlin en ruines après l’armistice de 14-18. En pleine montée du nazisme, dans une société décadente où chacun lutte pour sa survie, lui l’aristocrate élevé dans le sens de l’honneur deviendra gigolo, au service d’une baronne (Marlène Dietrich), qui vend ses charmes aux riches dames de la société berlinoise. Tué lors d’une rixe, il se retrouvera sur un lit de parade au siège du parti nazi, qui en fera son martyr. David Hemmings a voulu, à travers l’histoire de Paul Von Pryzgodski, peindre l’atmosphère de ce Berlin de l’entre deux guerres, mélange inquiétant de plaisirs et d’affrontements quotidiens entre communistes et nazis. Bowie n’y est guère convaincant et la direction trop lâche des acteurs n’arrive pas à donner une consistance aux personnages. On s’ennuie devant ces belles images-clichés, un peu gêné devant la présence pathétique de l’ex-divine Marlène dont on se demande ce qu’elle est venue faire dans cette galère. Cette version amputée de 45 mn, ne laisse pas moins une impression d’inachevé, un peu comme si David Hemmings, impressionné par la personnalité de ses acteurs, les avait laissés faire. Reste un intérêt anecdotique : la présence de Bowie, son charme (ses costumes), la dernière apparition de Marlène et quelques belles reconstitutions de Berlin entre 1918 et 1928.

Histoire d’un clip

novembre 7th, 2014

Un chacha techno pop, Marcia Baïla, est entrain de devenir un bon tube français. La voix latinisante est celle de Catherine Ringer, le halètement électronique avec guitares flamencos a été composé par son partenaire Fred Chi-chin. Un duo qui opère depuis de nombreuses années sous le nom énigmatique de Rita Mitsouko et qui n’a, jusqu’à présent, rencontré qu’un intérêt poli de la critique. Même son premier album n’obtiendra qu’un succès de sympathie. Jusqu’à ce Marcia Baïla pourtant présent sur le 33 t. mais remixé pour les besoins du simple, et qui surtout aura la chance d’êtrere appuyé par un clip dont l’histoire mérite d’être contée. Au départ, une agence vidéo, Fondation 2, qui a notamment produit un BD-clip, Los Angeles, un album d’Enki Bilai et Pierre Christin mis en image par Jean-Michel Girones. Un beau film fait uniquement de bancs-titres animés avec, comme fond sonore, le Un autre monde du groupe Téléphone. Du côté de chez Fondation 2, un fonceur sans peur et sans complexes nommé Fabien Caux-Lahalle est pris d’un coup de foudre, à la fois pour la chanson de Rita Mitsouko et le scénario imaginé par Philippe Gauthier, un jeune cinéaste.Marcia Baïla Seul problème, la maison de disques, qui ne croit que moyennement, et pour cause, au succès possible de Marcia ne peut investir qu’une somme de 80 000francs, chiffre déjà remarquable pour un groupe qui vient de l’ombre et dont la musique est réputée «bizarre». Qu’à cela ne tienne et pour prouver qu’en France on n’a pas d’argent, mais qu’avec des idées on peut en trouver, ce producteur exécutif kamikaze va se mettre en quête de sponsors. Le premier, bien entendu, sera l’Octet, cet organisme qui au ministère de la Culture est chargé d’aider les projets «nouvelles images». Mais comme le budget se monte à 450 000 francs et que l’Octet a pour principe d’investir moins de 50 %, il faut trouver d’autres partenaires. Le synopsis prévoyant l’intégration de peintures, le Centre national des arts plastiques sera à son tour sollicité, de même que la Direction de la musique. Viendront s’ajouter au bouquet Dauphin-affichage qui offrira des emplacements gratuits dans Paris, et la Ratp, qui dans le cadre de sa campagne jeune, se joindra à l’opération. L’Octet pouvait alors verser sa quotte part. Seule dernière exigence : qu’un film sur le tournage soit aussi mis en boîte, un 13 mn appelé «Vidéo-portrait». Un mois et demi après le démarrage de l’opération et non sans avoir aussi convaincu les papeteries Aussedat Rey (pour l’affiche), Fabien Caux-Lahalle réussissait son invraisemblable pari. Le clip Marcia Baïla voyait le jour et venait même s’afficher sur 150 panneaux de 4 m sur 3 dans Paris et sur les quais de métro. Du jamais vu. Production du clip, film sur le tournage, affichage, emplacement Dauphin plus Ratp et l’on frise le million de francs : un coup de cœur qui devient un super coup médiatique et, ce qui ne gâche rien, un bien beau clip. Et il y a une esthétique du clip français : une image raffinée, un montage plus long des plans, une sophistication très proche du film de pub. Marcia Baïla a aussi ces qualités : dans un décor changeant, fait de tableaux (intervention de peintures mode dont Ricardo Mosner), le duo rend hommage à une danseuse, Marcia Moretto. D’où une comédie musicale avec sept danseurs et Catherine/Rita qui exécute une chorégraphie «mécanique» habillée suivant les plans par Jean-Paul Gaultieret Thierry Mugler. C’est très chic et mode comme une pub pour un parfum, la chanson et le phrasé «latino», la présence impressionnante de la chanteuse apportant un supplément d’âme, et venant rompre avec le côté léché et graphique de la réalisation. Malheureusement, ce clip réussi est victime à son tour du conflit TV — compagnies discographiques qui s’éternise. Seuls les abonnés de Canal + ont eu la chance de le voir. Ce qui a obligé les gens de Fondation 2 à trouver d’autres solutions : le film sera montré dans les salles de cinéma en programme d’accompagnement de deux longs métrages fin mai, début juin. Ce même conflit ne vous permettra pas de savourer le travail du plus célèbre de nos vidéoclipeurs, Mondino. Après Don Henley, l’ex-Eagles, il vient d’accrocher à son tableau de chasse l’ex-leader de Roxy Music devenu artiste solo, Bryan Ferry. Un Bryan Ferry qui fut séduit comme tant d’autres en découvrant, sur MTV, le clip d’Axel Bauer, Cargo de nuit. Il fera donc appel à Mondino pour la chanson fétiche Slave to love extraite de son album à paraître. Boys and girls. Pour le tournage, qui eut lieu dans la banlieue parisienne ; Mondino fût laissé entièrement libre. Une énorme responsabilité pour notre Jean-Baptiste national puisque le crooner anglais a peaufiné pendant de nombreux mois son disque, décidé à conquérir définitivement les USA encore rebelles à sa séduction. On se souvient du somptueux Avalon, un must clippé de 83. Mondino se devait de faire aussi bien et même encore mieux. Mission accomplie. Ce Slave to love, dans la veine romantique qu’affectionne maintenant Bryan Ferry, est une dérive sentimentale, coulée. D’où l’importance des éclairages. Et Mondino, photographe de talent, réussit à habiller les images de teintes, d’ombres, de contre-jour qui donnent une atmosphère sexy-chic. Un film sans véritable histoire (pour lequel Bryan Ferry n’est pas le personnage principal), une variation sur le thème de l’attente amoureuse, de l’absence, avec de magnifiques créatures alanguies, rêveuses sur des lits défaits pendant que la star est pourchassée à sa descente d’avion par des photographes. Il ya dans le cadrage, les plans sophistiqués et le travail admirable des lumières, cette fameuse spécificité française qui, là encore, renvoie au monde de la pub. En tout cas un décalage parfait avec les vidéos anglo-saxonnes et qui pourrait plaire outre-Atlantique où l’on n’est pas habitué à ce «touch of class». Jusqu’au plan final de Ferry dansant avec dans les bras une enfant blonde endormie : la voix se fait caresse et les sons tournent souplement, valse «moderne»qui devrait au pire connaître le même succès qu’Avalon. Et le clip en est le support filmé idéal. Une chance aussi pour Jean-Baptiste Mondino de réussir sa percée sur le marché américain des faiseurs d’images pour vedettes de la chanson. Un pays où l’histoire de la production du clip de Rita Mitsouko peut faire sourire ou plus encore étonner. Reste que, quelles que soient les conditions de production, nos clips ont rejoint et même parfois dépassé ceux des pays anglo-saxons. Comme dans le domaine de la pub, la France pourrait très bien devenir un grand pays de vidéoclipeurs, Il faudrait seulement que les budgets suivent. Et là on se heurte à des problèmes de marché. Un casse-tête quasiment insoluble à moins de tenter, comme le fait Rita Mitsouko, l’aventure japonaise, le vidéoclip de Philippe Gauthier sous le bras.

Prince des ténèbres

octobre 16th, 2014

Monsieur boude obstinément la presse depuis cinq ans. Monsieur prend même des airs de Castafiore chafouine à la seule vue des photographes prétendument indiscrets. Comment s’étonner, après cela, de la pénurie d’informations à son propos, sans parler des maigres renseignements dont on dispose déjà et qui se retrouvent cuisinés à toutes les sauces dans les articles le concernant. Alors, on en est réduit à traquer la cousine de la belle-sœur de son éclairagiste, quand ce n’est pas l’ex-fiancée de son précédent ingénieur du son. Les plus veinards auront droit à un package-deal comprenant trois poignées de main et deux paroles échangées avec ses managers, les redoutables Cavallo, Ruffalo et Fargnoli. Mais pour le reste, c’est-à-dire l’essentiel, il est plus indiqué de se reporter à la légende sur-mesure que s’est confectionnée le petit (1,55 m) Prince.Prince des ténèbres Une légende que son premier imprésario a d’ailleurs essayé de truquer en «faisant» naître le prodige en 1960 alors qu’il a vu le jour le 7 juin 1958. Pour en revenir au little Genius, notons que son enfance est fortement dominée par une tangente variable du style papa-maman-le-second-mari-de-maman-et-moi. On sent même ce dernier personnage mâtiné d’un côté très «Cosette goes to Hollywood» ou plutôt to Minneapolis, la ville natale de notre héros. Celui-ci grandit donc dans la capitale du Minnesota, une contrée où il est conseillé d’être blanc, protestant et d’extraction bourgeoise plutôt que noir et fils de pianiste. Comme si ces handicaps ne suffisaient pas, notre Purple nain est marqué par la séparation de ses parents qui a lieu alors qu’il est âgé de sept ans. Trois ans plus tard, il choisit de vivre (brièvement) avec John L. Nelson, son pianiste de père qui se produit, à cinquante ans, dans des boîtes de strip-tease vaguement ringardes. Quelques esprits à la déduction hasardeuse vont jusqu’à affirmer aujourd’hui que ces réguliers séjours dans les «strip joints» sont à l’origine des idées libidineuses qui hantent régulièrement Prince. Puisqu’on évoque le chapitre des obsessions en tous genres, citons aussi la religion dont se dit féru le petit monsieur. Il pousse même la dévotion jusqu’à dédier, plus tard, six de ses albums à… Dieu, ni plus ni moins. Voilà, en tout cas, de quoi nourrir la légende, même si la logique ne trouve pas toujours son compte, tiraillée entre le démon du bas-ventre et l’appel du Tout-Puissant. Revenons plutôt au Prince des années soixante-dix qui, d’errances en déménagements, finit par atterrir chez une certaine Bernadette Anderson dont il se lie d’amitié avec le fils, André. Les deux adolescents, fous de musique, fondent à quinze ans une formation intitulée Grand Central qu’ils élargissent et rebaptisent Champagne. La cave d’André se révèle des plus fonctionnelles puisqu’elle leur sert alors de salle de répétition et «d’orgies room» où les deux lascars se partagent les faveurs de diverses admiratrices en mal d’émotions fortes. Côté zizique, cela ne va pas trop mal non plus puisque Prince est ensuite pris en charge par Owen Husney qui devient son premier manager et lui fait enregistrer les maquettes de ses meilleures compositions. Le tout est proposé à la firme de disques Warner avec, en prime, un rajeunissement de notre héros de trois misérables années, histoire d’accentuer la précocité de ses énormes possibilités musicales. Conquise d’emblée, la Warner lui offre ce que l’on présente comme le plus lucratif des contrats jamais proposés à un chanteur inconnu (plus d’un million de dollars, affirme Husney). Détail encore plus important, la Warner laisse à Prince une entière liberté artistique, lui donnant ainsi l’occasion de produire l’enregistrement tout seul, comme un grand. Le 33 t. «For you» sort en 1977 avec une chanson-phare «Soft and wet», remportant un succès d’estime sinon populaire. Ses albums suivants («Prince», «Dirtymind» et «Controversy», tous trois disques d’or) préparent le terrain à «1999», un double album vendu à trois millions d’exemplaires et qui l’impose définitivement auprès du public américain au tout début de 1983. Les tubes qui en sont extraits (comme «Little red corvette») font l’objet de vidéo-clips que l’on voit même sur MTV, dans un premier temps réticente à l’égard des chanteurs noirs. En concert, sa majesté se fait encore davantage remarquer en arborant des tenues de scène on ne peut plus… personnelles. Cela va du mini-slip en peau de panthère porté sous un imperméable avec les cuissardes assorties aux chemises à jabots et pantalons moulants. Curieusement, l’Europe se montre quelque peu réticente à l’égard du phénomène en l’accueillant, dans un premier temps, avec plus de respect que de chaleur. Certains initiés se souviennent ainsi de son unique passage live à Paris, sur la scène du Palace en 1979 devant un public des plus hétéroclites. L’album (puis le film) «Purplerain», parus en 1984, se chargent de modifier toutes les données, aussi bien aux États-Unis que dans le reste du monde. Convaincu de la nécessité de faire autre chose que des disques à succès, Prince réussit à convaincreCavallo, Ruffalo et Fargnoli, ses nouveaux managers, de se tourner cette fois vers le cinéma. Mais les majors studios Hollywoodiens auxquels nos lascars soumettent leur proposition ne sont pas d’accord. Ils ne donnent pas cher d’un projet de film tourné à Minneapolis et joué par un chanteur noir même pas star et interprétant plus ou moins son propre personnage. Qu’à cela ne tienne, les managers décident alors de casser leur tirelire pour produire le film. Ils se mettent d’abord à la recherche d’un scénariste qui veuille bien leur concocter une solide petite intrigue. Leur choix tombe sur William Blinn, un auteur de cinquante ans à la réputation solidement établie, qui tient à rencontrer Prince afin de mettre au point le script. Au cours d’une de leurs réunions dans la maison de couleur pourpre de l’artiste, Blinn se rend compte qu’une grande partie de l’histoire qu’essaye de lui formuler Prince concerne, en fait, le père de celui-ci, John L. Nelson. «Il s’est mis au piano et m’a joué un morceau composé par son père, raconte Blinn. Rien qu’en le voyant s’exécuter et en l’entendant parler de Nelson, on devinait immédiatement que le personnage du père est très révélateur de ce qu’est Prince et de ce qu’il exprime. C’était tout à fait comme s’il essayait de résoudre ainsi son propre mystère, comme s’il avait économisé l’argent qu’il aurait dépensé chez un psychiatre pour l’investir dans le film». Un premier scénario, «Dreams», est alors écrit par Blinn qui y inclut plusieurs détails de la propre vie de Prince. Ce dernier en profite pour exiger que figure le mot «pourpre» dans le titre du film. «Cette requête m’a d’abord étonné, se souvient Blinn. Mais le fait est qu’il s’identifie vraiment au pourpre. Il y a tout un côté noir, ardent et ténébreux inhérent à cette couleur et à ce qu’il fait. Avec, en plus, un aspect majestueux qui s’y attache également». De son côté, Al Magnoli, un jeune réalisateur débutant de trente ans, se voit confier la mise en scène du film. Pas très emballé au départ, il accepte de se rendre à Minneapolis et de vivre pendant un mois en compagnie de Prince et de son entourage. Le metteur en scène fait ainsi la connaissance des membres de l’orchestre de Prince. Au bout de quelques jours, Al Magnoli décide de réécrire entièrement le script original en s’inspirant de son séjour à Minneapolis. Le résultat est «Purplerain», un film d’un budget de sept millions de dollars et tourné sur place en sept semaines. Contrairement à certains pronostics pessimistes, le film (sorti en juin aux États-Unis) est un énorme succès au Box-office, se classant même comme le film musical ayant réalisé le plus grand nombre d’entrées dans l’histoire du cinéma américain. Du statut de vedette, Prince se retrouve promu à celui d’hyper star incontestée dans son pays, accumulant par la même occasion disques d’or et de platine. La presse ne trouve alors qu’un seul rival à lui opposer : Michael Jackson, le Peter Pan aux hormones. Une comparaison que, mine de rien, Prince ne cesse de raviver, tout en prenant soin de bien se démarquer de son concurrent. Quoi qu’il en soit, une chose est sûre aujourd’hui : entre ces deux-là, le match ne pourra jamais être nul. Simple question de standing…

Championnat du monde de bateaux off-shore

octobre 5th, 2014

Plus connus sous le nom de hors-bord, les bateaux qui font l’objet de ce film disputent chaque année la finale du Championnat du monde à Key West, ville très touristique de la Floride. Développant souvent plus de 1.500 chevaux, ces Formules 1 des mers peuvent atteindre des vitesses de l’ordre de 200 km/h.Championnat du monde de bateaux off-shore La lutte que se livrent les catamarans et les bateaux à coque unique pendant toute la saison et lors de cette finale à Key West est acharnée. Tout cela donne des images magnifiques que l’on apprécie beaucoup même si les commentaires sont un peu trop spécialisés pour un sport que les Français connaissent peu.

100 ans de rugby en France

Déjà édité il y a plus d’un an, cette vidéocassette n’a pas bénéficié d’un écho suffisamment important et d’une distribution efficace. C’est pour cette raison que nous n’hésitons pas à vous en vanter aujourd’hui tous les mérites. D’une grande richesse, ce film nous raconte la fabuleuse histoire du rugby en France, des balbutiements d’il y a un siècle au fantastique engouement de ces quinze dernières années. On retrouve avec plaisir toutes les grandes équipes et les grands champions qui ont marqué aussi bien le Championnat de France que le Tournoi des cinq nations. Un document que doivent posséder tous les vidéo-rugbymen.

Jean-Pierre rives, la vie comme elle vientJean-Pierre rives, la vie comme elle vient

Suite logique de «Cent ans de rugby en France», ce film nous fait pénétrer cette fois plus profondément dans l’ère moderne, à travers la longue et passionnante carrière de Jean-Pierre Rives. Il y livre, avec beaucoup d’émotion parfois, ses confidences, ses grands bonheurs, tandis que défilent des images de l’épopée du rugby de ces vingt dernières années. Des vedettes du rugby, du sport en général, des artistes comme Patrick Sébastien, des écrivains et d’autres personnalités célèbres ont apporté leurs témoignages dans cette œuvre de grande qualité. Première star d’un sport trop longtemps boudé par le média télévisuel, Jean-Pierre Rives méritait bien cet hommage en images…

Il était une fois la coupe de France

septembre 30th, 2014

C’est le film que tous les amateurs de football, et en particulier de la Coupe de France, attendaient. D’une intensité rare, il retrace, saison après saison, l’extraordinaire aventure d’une épreuve qui fait rêver tous les footballeurs, de l’humble amateur d’un club de village au champion le plus renommé. L’histoire de la «vieille dame» (elle va fêter bientôt ses 70 ans) fourmille de centaines d’anecdotes, de drames et de joies intenses. Jean-Marc et Roger Driès ont visionné des centaines d’heures de programmes pour nous faire revivre toutes les finales, les tours d’honneur et la joie des vainqueurs (Marseille, Saint-Étienne, Lille, Paris St-Germain, Sedan, Sète, etc.). «Il était une fois la Coupe de France» est un document unique, très complet, où les commentaires sobres et précis de Roger Dries font merveille. Indispensable dans toutes les bonnes vidéothèques.

Ski, aventure et sensationSki, aventure et sensation

Papik, un garçon de 11 ans, atteint le sommet du Mont-Blanc. Il en dévale sa face nord à ski, sur les traces de son illustre père, Patrick Vallençant. Celui-ci est considéré comme l’un des meilleurs skieurs alpinistes du monde. Depuis 1971, il a réalisé plus de trente «premières», inscrivant à son palmarès les plus prestigieuses descentes des Alpes, des Andes péruviennes et de l’Himalaya. On le suit donc, d’abord avec son fils et, ensuite, dans les grands moments de sa vie : arête de Peuterey-Mont-Blanc, Artisonraju (6.020 mètres d’altitude et 60 % de pente), Broad Peak-Himalaya (8.030 mètres et 50 % de pente), etc. On appelle cela le ski extrême. En regardant ce film, vous comprendrez pourquoi.

L’or des pistoleros

septembre 10th, 2014

L'or des pistolerosClassique western d’aventures teinté d’humour gardien de vaches. Cole — un parfait James Coburn buriné de l’Ouest, sympathique, bourru et séducteur — est un joueur tricheur professionnel qui ne peut résister ni à l’or ni aux femmes. On le comprend ! En deux mots, c’est un cow-boy primaire. Et dans «L’or des pistoleros», on assiste à sa chasse effrénée aux jupons et au métal précieux. L’or — volé comme il se doit —change de mains aussi souvent que les filles de saloon. Tout cela finit dans un bordel tenu par une pulpeuse Lavinia (Joan Blondell). Cole emporte l’or et s’enfuit sur le cheval de Lavinia… Suite de gags burlesques sur fond de western qui se passe pour une fois de défendre les valeurs et la vertu de la belle Amérique.

Crashes

CrashesLes courses automobiles sont dangereuses. Avec ce document unique en son genre, on le comprend très vite. Sur les différents circuits du monde, du Mans à Indianapolis en passant par le Nürburgring, on frémit aux images spectaculaires de sorties de route et accidents en tous genres, parfois dramatiques. Le plus impressionnant de tout ce programme est sûrement celui de Winkelock dont la voiture a fait un tour complet avant de retomber sur ses quatre roues et de s’écraser dans les grillages de sécurité. Le pilote est sorti indemne. C’est la preuve que ce ne sont pas toujours les accidents les plus spectaculaires qui sont les plus mortels. Des années 30 à aujourd’hui, des courses de camions aux courses de Formules, ce film vous montre (presque) tout ce que vous vouliez savoir sur les accidents des courses automobiles sans jamais oser le demander. On regrette qu’il n’y ait pas plus d’images concernant la Formule 1 et que les commentaires soient sans intérêt. Mais comme on est tous un petit peu (beaucoup) voyeurs et sadiques…

Fenêtre sur cour

août 26th, 2014

Sans doute son chef-d’œuvre absolu. Un film d’une rigueur géographique, psychologique et narrative comme on les recherche chez le Maître Hitch. Un film qui exprime toutes ses grandes obsessions et pulsions ! Un homme, photographe à la jambe plâtrée, coincé sur son fauteuil roulant, dans son appartement. C’est la belle saison, les fenêtres ouvertes et cet homme commence à observer ses voisins, s’enfonçant, sans s’en rendre vraiment compte, dans le piège implacable du voyeurisme. Face à ce personnage, coincé derrière sa fenêtre, Hitchcock construit (et ça a été effectivement construit en studios) une cour intérieure d’immeuble avec toutes ses petites fenêtres devenant autant d’écrans de cinéma projetant simultanément les films des petits drames du quotidien. Mais sur un des écrans (sur une des fenêtres), le trop curieux photographe soupçonne un grand drame : un meurtre. Les indices s’organisent comme autant d’incitations à se lancer dans une enquête qui dissiperait l’ennui de devoir rester cloué sur son fauteuil… Et, là, c’est la peur à l’état brut ! La rougeur d’un bout de cigarette dans la pénombre nous glace sur place d’effroi ! James Stewart a une copine, bon chic-bon genre, qu’il va entraîner dans son petit jeu…Fenêtre sur cour Grâce Kelly, un régal de blonde sensuelle, juste avant de devenir Princesse de Monaco. Mais il y a aussi la bonne, jouée avec une réjouissante santé par Thelma Ritter. Tous trois croient impunément entrer dans l’intimité des gens en se cachant derrière des jumelles ou le viseur d’un appareil photo et découvrent l’enfer. Et nous aussi, parce que Hitch nous y a conduit sans en avoir l’air, inexorablement. En regardant «Fenêtre sur cour», on comprend la fascination et l’influence que le film a exercées sur de nombreux cinéastes… Brian de Palma en tête. «Fenêtre sur cour » nous permet donc de déguster la blonde hitchcockienne par excellence, brûlante à l’intérieur, mais glacée en apparence : Grâce Kelly… avant de jouer les princesses. Elle tournera aussi avec le maître du suspense «La main au collet» et «Le crime était presque parfait». Mais ce «Fenêtre sur cour»sera indéniablement son plus beau rôle. Hitch se consolera de son départ avec Eva Marie Saint puis Tippi Hedren…

La java des ombres

août 11th, 2014

La java des ombresEn 1983, un ancien militant d’extrême-gauche, Xavier, est libéré grâce à l’intervention de M. Jean, nouveau responsable des services secrets. But de la manœuvre : démanteler l’organisation d’extrême-droite Janus. En effet, un tueur de Janus a tué jadis le meilleur copain de Xavier, qui n’a qu’une idée en tête : se venger. L’opération tourne à la catastrophe… Romain Goupil avait évoqué Mai 68 et la période qui suivit dans «Mourir à trente ans», qui impressionna beaucoup au Festival de Cannes en 1982. Il reprend ici les mêmes thèmes, mais à travers une fiction politico-policière qui n’est pas absolument convaincante. Bien joué par Jean-Pierre Aumont, le personnage de M. Jean représente un peu crédible service secret élyséen. Quant aux réseaux fascisants, sont-ils dans la réalité aussi efficace que Janus ? A la vérité, «La Java des ombres» est un film purement fantasmatique, et il vaut surtout par son atmosphère obsessionnelle, son ambiance désabusée, et par la description d’un ex-militant à la dérive, saisi par la paranoïa. Tcheky Karyo est étonnant dans ce rôle, de même que Franci Camus qui incarne Jérôme. On attendait mieux, mais c’est quand même une semi-réussite.

La cordeLa corde

Il y avait plus de vingt ans qu’on n’avait pas revu ce film d’Hitchcock lorsqu’il ressortit, l’année dernière, sur les écrans. Curieux film, puisqu’il repose entièrement sur un parti-pris technique qui est une véritable gageure : le Maître du suspense a complètement éliminé le montage, «Rope» est un film en un seul plan (sauf de petites tricheries : il fallait bien, de temps en temps, changer le magasin de pellicule). Idée folle qui reste unique dans les annales du cinéma, Hitchcock ayant, en quelque sorte, fait la preuve par l’absurde que le procédé n’apportait pas grand chose… Reste un suspense ambigu et pervers à souhait : deux jeunes gens, appliquant au pied de la lettre les théories nietzschéennes du surhomme et l’acte gratuit, assassinent un de leurs camarades, placent le cadavre dans un coffre, le recouvrent d’une nappe, et donnent le soir même une réception en l’honneur du défunt, invitant ses parents et sa fiancée… et aussi le professeur qui leur a imprudemment enseigné cette douteuse philosophie. Celui-ci n’est autre que James Stewart : lui seul comprendra tout… Comme toujours, l’humour noir d’Hitchcock fait merveille, on en a besoin pour ne pas étouffer dans l’atmosphère confinée de cet appartement situé en haut d’un immeuble de New York, et où la nuit tombe progressivement tandis que se noue et se dénoue l’intrigue criminelle. Un exploit macabre !

Il était une fois en Amérique

juillet 31st, 2014

Il était une fois en AmériqueTreize ans de préparation pour Sergio Leone, un tournage souvent annoncé et toujours retardé, et enfin la découverte, l’éblouissement, au Festival de Cannes 1985. Se surpassant lui-même, Leone le Grand nous livre ici son meilleur film, le plus complexe, le plus nostalgique, le plus magistralement mis en scène. Et pourtant, quel sujet rebattu ! L’époque de la Prohibition, les histoires de gangsters, de trafics et de règlements de compte, on en est saturés : il n’y a qu’à voir le relatif échec du peu intéressant « Cotton Club» du parrain Coppola. Avec Sergio Leone, c’est tout différent. D’abord, le choix du milieu, celui des truands juifs, qui justifie la reconstitution minutieuse d’un quartier entier du New York des années 20, le «Lower East side». Cette histoire de destins entremêlés est aussi l’histoire du 20» siècle et une réflexion sur le pouvoir dans la société américaine, le tout à travers une énigme policière que le personnage de Robert de Niro va résoudre en plongeant dans le passé (dans son passé). Scénario fabuleux, réalisation superbe, avec des travellings à vous arracher de grands frissons et la musique de l’oncle Morricone par-dessus tout ça, sans oublier une interprétation hors-pair jusque dans les petits rôles, c’est un grand moment de cinéma, on voudrait que ça dure des heures et des heures…

Le limierLe limier

Le film de Mankiewicz est l’adaptation d’une pièce à succès d’Anthony Shaffer (qui est aussi le scénariste de «Frenzy» d’Alfred Hitchcock et… le frère jumeau de Peter Shaffer, l’auteur d’«Amadeus»). Avant de devenir film, «Sleuth» a fait pendant des années les beaux soirs de Broadway et de Londres. Il faut dire que le suspense est rondement mené. Deux personnages semblent jouer à un divertissant jeu d’humiliation, de cruauté, de prise de pouvoir et de déguisement… Mais c’est, en fait, un duel à mort que se livrent ces deux hommes qui se haïssent, ces deux mondes qui se méprisent ! Andrew Wyke (Laurence Olivier) vit dans son manoir et écrit ses romans policiers dans son labyrinthe de buissons. Il a donné rendez-vous à un certain Milo Tindle (Michael Caine), coiffeur pour dames et amant de Mme Wyke. Les deux hommes n’ont rien en commun. L’un s’accroche à ses racines dans un aristocratique et conservateur passé, l’autre est un fils d’émigrés italiens prêt à tout pour réussir son avenir. C’est quasiment le choc de l’ancien et du nouveau monde, de ceux qui «possèdent» et de ceux qui «veulent posséder». Et tout ce psychodrame va se jouer dans un manoir, à l’écart du temps, derrière un jeu de masques apparemment anodin et plein d’humour. Qui va être la marionnette de l’autre ? Qui va tuer qui ? Qui va humilier l’autre ? Qui va tromper l’autre ? «Sleuth» est d’abord un jeu de passe-passe devant lequel on se retrouvent comme des gosses qui n’ont pas vu arriver le coup de théâtre et qui n’ont pas compris le truc… un peu comme dans les romans d’Agatha Christie où il faut trouver le coupable avant le dernier chapitre. Mais c’est aussi un jeu de la vérité assez fascinant, où la violence de mots et de passions devient presque politique ! Il fallait le talent et la subtilité de Mankiewicz pour ne rien perdre de la mécanique d’Anthony Shaffer ! Un régal !

Vietnam story

juin 7th, 2014

Étonnant, ce téléfilm produit par Home Box Office. Divisé en trois parties distinctes, ce film raconte les derniers jours du Vietnam lorsque, en avril 1975, les Américains quittèrent le pays. Les deux premiers chapitres se situent dans un poste avancé et isolé. Quelques Américains sont restés, comme conseillers, pour encadrer les soldats sud-vietnamiens. Dans leur camp retranché, les soldats américains ont, face à eux, un tireur embusqué qu’ils surnomment le Percepteur, parce que rien ne lui échappe. Le premier chapitre se situe du côté des Américains et des Sud vietnamiens. On y montre comment, après plusieurs années d’enfer vietnamien, le psychique et le moral en ont pris un sacré coup. On se dit que l’Amérique s’offre une vision complaisante de ce bourbier dans lequel elle s’est elle-même enfoncée. Mais arrive le second chapitre qui nous plonge alors de l’autre côté, dans le camp vietcong, en montrant qui est ce tireur embusqué et comment il a bien pu en arriver là. Ces deux visages d’une même guerre constituent assurément deux intéressants points de vue complémentaires. Le troisième volet montre comment les Américains ont abandonné à une mort certaine ceux qu’ils ont compromis en en faisant leurs collaborateurs. Cette dénonciation d’une lâcheté officielle est… courageuse !

Glory

GloryUne nouvelle fois, Matthew Broderick confirme qu’il est un sacré comédien. Loin des comédies adolescentes à la « Ferris Bueller », il compose ici un impressionnant personnage de jeune militaire dans » Glory » : le colonel Robert Gould Shaw, qui avait vingt-cinq ans lorsqu’il fut nommé à la tête du 54. Régiment du Massachusetts (le premier bataillon de l’Union, uniquement composé de Noirs américains) et le mena vers la gloire. Broderick a l’âge de Shaw et sa force intérieure. Il en a saisi parfaitement l’évolution, du jeune homme charmant et idéaliste à l’officier déterminé et meneur d’hommes. « GIory » plonge au cœur de la guerre de Sécession, lorsque l’Amérique était divisée en deux clans : le Sud esclavagiste et le Nord libéral… du moins, en apparence. Le cinéaste Edward Zwick a construit une très impressionnante galerie de personnages « noirs », mais aussi une fresque épique et humaine soulignant les horreurs de la guerre et mettant en valeur cette fraternité nouvelle. Tout cela fait chaud au cœur. On en oublie les clichés de bons sentiments habilement exploités et la violence — un peu gratuite — des scènes de combat.

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