Ziggy stardust and the spiders from mars

décembre 5th, 2014

Ziggy StardustC’est avec ce personnage de Ziggy Stardust que David Bowie, dans le début des années 70, connut la gloire. Cette créature androgyne aux cheveux rouges, au costume lamé, perchée sur des hauts talons, Bowie nous en avait raconté, en chansons, les aventures et la légende, mélange de science-fiction et de provocation. Ce personnage devenu pesant par la suite, Bowie en décidera la mort officiellement devant les caméras. Une façon comme une autre de tourner une page de son histoire. Et ce fut Pennebaker, un des maîtres du cinéma, qui fut choisi pour venir filmer l’intégralité d’un concert au cours duquel toutes les chansons, mais aussi la mythologie du personnage fétiche, seraient convoquées. Grâce à la caméra-œil de Pennebaker, nous assistons à la magnifique autopsie d’une transformation. Celle d’une jeune Anglaise au regard étrange qui, dans les coulisses devant sa table de maquillage, devient une créature de fantasmes. La caméra s’attarde longuement sur ce rituel de la métamorphose, captant avec une insolente pertinence la personnalité de cet acteur sûr de lui, de sa force, de son pouvoir. Ziggy se livre à la foule en extase, au milieu d’un tourbillon de guitares métalliques, violentes. Ce n’est plus un simple concert, mais un show dans lequel un acteur de talent joue un rôle, habite la marionnette qu’il a imaginée loin du spectacle télévisé, et au travers de dix-huit chansons qui sont des classiques. Son incontestable présence physique jaillit à tous les instants. Et déjà tout était présent, le charme ambigu, la séduction, le corps léger et qui bouge différemment, le sens aigu du spectacle, la faculté fantastique à capter l’air du temps et le magnétisme qui fait les grands. Malgré, ou peut-être à cause de ce retard de douze années, ce film est une œuvre passionnante, et indispensable pour tous.

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